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Discours et publications

La Suisse pays de contraste ; un autre aperçu du 1er août

 

Chères citoyennes et chers citoyens de notre pays de Neuchâtel,

 

Samedi 31 juillet j’ai eu l’honneur de participer, en ma qualité de Président du gouvernement neuchâtelois, à la cérémonie d’ouverture des championnats du monde master de course d’orientation dans la ville de La Chaux-de-Fonds.

 

Près de 4'500 femmes et hommes de tous les âges et provenant de plus de quarante pays, y compris un ressortissant finlandais de 96 ans, se sont affrontés pour rechercher des postes et joindre l’arrivée le plus rapidement possible.

 

Alors même qu’ils n’avaient aucune chance de figurer sur le podium, ces femmes et ces hommes se sont battus jusque dans les derniers mètres pour espérer gagner un rang ou une poignée de secondes.

 

Pourquoi ? Pour rien, juste pour le plaisir.

 

Ces mêmes personnes se sont ensuite retrouvées pour la cérémonie d’ouverture à la Place du Marché, manifestation couplée à notre fête nationale. Je puis vous assurer qu’elle était belle la fête et que nos hôtes ainsi que les citoyennes et citoyens de notre République et canton, ensemble, ont passé une magnifique soirée. J’en étais, j’étais fier de représenter le Conseil d’Etat.

 

Le drapeau suisse, notre étendard, était bien visible au milieu d’une quarantaine d’autres qui coloraient magnifiquement la place. On entendait des personnes converser en français bien sûr mais encore en finlandais, suédois, russe, anglais, espagnol, etc…

 

Nous ne faisons pas partie de l’Europe, je ne sais pas si nous en ferons partie un jour, mais l’esprit d’ouverture qui a soufflé sur la ville horlogère a fait du bien et l’étranger n’était pas un être indésirable mais une personne qu’il faisait bon accueillir.

 

Notre pays c’est aussi cela, une terre d’accueil. Bien sûr, il y aura encore et toujours certains qui tenteront de profiter de nos largesses. Mais est-ce une raison pour s’entourer de barrières inutiles et se replier sur soi-même ?

 

Notre République et canton et ses habitants méritent bien mieux que le repli sur soi. Nous avons le droit de croire et de travailler au renouveau, à la croissance et au bien-être de tous, qu’ils soient « riches et bien portants ou pauvres et mal foutus » comme aimait à le dire le regretté Coluche.

 

A notre canton j’y crois et je souhaite vous faire partager mon optimisme.

 

Vive la République et canton de Neuchâtel !

 

Claude Nicati, Président du Conseil d’Etat

Neuchâtel, le 1er août 2010

 

 

Discours pour la société neuchâteloise des officiers du samedi 7 novembre 2009 

Monsieur le président de la société neuchâteloise des officiers,

Madame, Monsieur les représentants des autorités communales,

Messieurs les officiers généraux,

Madame, Monsieur les officiers,

Chers camarades, 

A titre liminaire, il m'appartient d'excuser l'absence aujourd'hui, du président de l'exécutif, M. Jean Studer, conseiller d'Etat.

Ce n'est pas qu'il boude la société des officiers, mais même à l'époque de l'informatique, il arrive que des dates soient faussement agendées et c'est ce qui s'est produit avec le ministre de tutelles des affaires militaires.

Il m'appartient ce soir, en ma qualité de vice-président de l'exécutif neuchâtelois, de vous adresser le salut du Conseil d'Etat. Je le fais avec d'autant plus de plaisir que je suis membre de la société neuchâteloise des officiers et que j'avais de toute façon prévu d'être parmi vous aujourd'hui.

Madame, Monsieur les officiers, nous vivons des temps quelque peu perturbés:

  • tout d'abord au plan militaire, il ne se passe pas une semaine sans que nous assistions par voie de presse interposée, aux débats en relation avec le renouvellement de la flotte aérienne suisse. Nous pouvons lire qu'il nous faut davantage d'avions Gripen suédois, que tel autre modèle a la préférence des autorités militaires et politiques et le jour suivant, que nous devons renoncer à tout achat d'avions militaire, car d'une part cela ne sert à rien et d'autre part, nous n'avons pas le premier des francs qui permettra leur acquisition, puis leur entretien;
  • nous lisons ensuite que la meilleure solution serait de se débarrasser des FA18 pour n'avoir qu'un seul modèle, ce qui se fait dans toute entreprise de transports, afin de diminuer les coûts. Le débat se corse encore par le fait que notre ministre de la défense, sur ce sujet, passe ses premières nuits blanches. J'ose à peine imaginer quel sera son état de fatigue si la situation devait encore empirer;
  • nous lisons encore que notre ministre de la défense se propose en raison de la baisse du nombre de circonscrits d'augmenter le nombre de jours de service à effectuer par nos jeunes, qui passeraient de 260 à quelque 300 jours ou je ne sais. Ceci pourrait aller de soi si nous n’avions une volonté très claire du Conseil fédéral de diminuer le nombre de jours de service effectués par nos troupes. Il semble qu'il y ait donc là un conflit sérieux qui doit être résolu ou à tout le moins que nos autorités fédérales apprennent à davantage communiquer;
  • nous lisons encore les vastes débats au sujet de la mission de surveillance Atalante au large des côtes de la Somalie;
  • le spectacle auquel nous avons assisté n'a pas renforcé la crédibilité que nous pouvons avoir en nos autorités fédérales. J'ai eu le sentiment de voir une Suisse quelque peu timorée à défaut d'y voir un Etat qui saurait fixer ses priorités;
  • je ne veux pas entrer dans le débat sur l'envoi ou non de la force d'Atalante au large des côtes de la Somalie. Je relève simplement qu'il faudra un jour que nos autorités fédérales précisent quelles sont les missions qu'elles accordent à notre armée. Si nous souhaitons une armée qui ait pour seule tâche de défendre la Suisse dès le franchissement des frontières, il faudra clairement le dire;
  • de la même manière, si nous souhaitons une armée qui se spécialise dans l'aide en cas de catastrophes, dans le sauvetage d'autrui, il faudra aussi le stipuler;
  • il faudra non seulement le dire, mais également donner les moyens aux troupes d'accomplir correctement leur travail et éviter qu'elles soient, comme je le ressens aujourd'hui, en porte-à-faux entre une mission de base qui est donnée, qu'on ne peut effectuer et des missions accessoires qui doivent être réalisées sans qu'il y ait forcément la formation et le matériel adéquats;
  • en qualité de futur ancien colonel de notre armée suisse, je continue de penser qu'à défaut d'une mission claire, je préfère qu'on renonce à essayer de s'occuper pour justifier des infrastructures qui, peut-être, doivent être remises en cause.

Ainsi, le message que je désire vous faire passer aujourd'hui est que je souhaite que nos autorités militaires, très rapidement, deviennent non pas des va-t-en-guerre, mais qu'elles redéfinissent ou réaffirment quelles sont véritablement les missions de notre armée suisse et surtout ceci étant fait, qu'elles donnent les moyens aux soldats qui devront les accomplir, de le faire avec les meilleurs des outils.

Je souhaite donc une clarification du message afin que celui-ci puisse être compris du chef de l'armée au dernier des soldats de notre pays. A défaut, cette valse d'hésitations ne pourra que continuer.

Permettez-moi maintenant sans transition de vous donner quelques nouvelles de l'Etat de Neuchâtel.

Vous avez tous abondamment lu dans les journaux que l'Etat de Neuchâtel vit des temps difficiles. Au plan fiscal, nous notons une chute importante des revenus fiscaux due aux personnes morales. Ceci est normal, vu la situation conjoncturelle très difficile dans laquelle nous nous trouvons. Les personnes physiques ne sont pour l'instant pas mieux loties, mais nous n'avons pas encore constaté de baisse des entrées fiscales. Ceci ne tardera malheureusement pas, à compter de l'année 2010.

Vous allez me dire que je me focalise uniquement sur les revenus de la République et canton de Neuchâtel alors que plaie d’argent n’est pas mortel et qu’il y a tant d’autres choses qui mériteraient mon attention.Si je peux vous rassurer, ceci n'est pas mon unique préoccupation. Mais…Je note cependant que les revenus fiscaux des personnes morales et des personnes physiques ainsi que le taux de chômage sont un baromètre important, qui permet de mesurer l'état de santé de notre canton. Cette santé est mauvaise, nous le savons et à défaut de prendre des mesures rapidement, nous ne pourrons que foncer tête baissée dans le mur; je préférerais l’éviter.Permettez-moi d'illustrer ceci par un autre exemple: nous notons que depuis 1990, l'aide sociale ne fait que de croître, d'environ 3 à 5% par année. Je vous laisse imaginer l'incidence que ceci a sur les autres postes budgétaires de l'Etat. Rappelez-vous le vaste débat qu'il y eu au niveau des chambres fédérales lorsqu'il s'est agi de faire passer le montant dû à la culture de 4 à 6% si j'ai bonne mémoire. Tous les départements fédéraux, à l’exception de celui de M. Couchepin ont crié que l’on allait sacrifier leurs besoins sur l’autel de la culture. Dans ce dernier cas, nous avons au moins eu un débat qui a permis de définir quelle était la politique souhaitée par la Confédération dans le domaine de l'éducation et de la culture;Permettez-moi de quitter la Berne fédérale et de revenir à Neuchâtel : le plus tragique, en ce qui concerne cette augmentation de l'aide sociale est que celle-ci est indépendante de la volonté politique du gouvernement. Elle est un fait.

Elle est une augmentation quasi automatique et que personne ne semble vouloir ou pouvoir mettre en doute.

Je ne saurais accepter, de la même manière que l'entier du gouvernement, que ces augmentations continuent de se faire. Pourquoi? Loin de moi l'idée de vouloir diminuer encore le revenu des plus faibles de notre canton. Ce n'est pas ça qui motive notre décision. Par contre, le fait qu'un poste budgétaire, de manière inexorable, augmente chaque année, empêche tous les autres développements que nous devrions entreprendre, afin de moderniser notre canton.

Nous avons dit de manière très claire dans notre programme de législature que nous souhaitions moderniser le canton, que nous souhaitions en faire une grande agglomération avec des moyens de transport adaptés, permettant de nous rendre, à la cadence d'un quart d'heure entre Le Locle et Neuchâtel. Comment voulez-vous investir plusieurs centaines de millions dans un vaste projet si l'entier de l'argent dont vous disposez est investi dans l'aide sociale. Il nous faudra ainsi, au plan de l'Etat, trouver très rapidement des solutions visant à réformer celui-ci de manière structurelle;Je n’ai pas dit, que cela soit clair qu’il suffira de couper dans l’aide sociale pour trouver de l’argent.Le plan financier prévu pour les six années à venir, déjà contesté par certains, prévoit d'économiser quelque 150 millions. A cette seule condition, malgré le fait que ce sera brutal, nous aurons les moyens qui nous permettrons de garder quelques francs dans notre porte-monnaie afin de réformer une structure quelque peu vieillissante; à défaut, nous ne pourrons que conduire un combat retardateur ; je me permets de vous rappeler que le combat retardateur n’a pas pour but de gagner une bataille mais de gagner du temps.

Le gouvernement constate que les structures sont susceptibles d'être rajeunies, que l'entier de notre système est à la fois trop complexe et trop compliqué et que ceci bien sûr coûte très cher. Nous lancerons donc un vaste programme visant à simplifier, réformer les structures.

Ceci n'ira pas sans quelques grincements de dents, car il est difficile d'enlever peut-être des compétences à certaines entités. Mais ce passage obligé sera la seule possibilité que nous aurons afin de pouvoir, au nom du développement durable, garantir des structures dans lesquelles nos enfants auront au moins autant de satisfaction à y vivre que nous.

Vous l'aurez compris, le message que j'ai souhaité vous faire passer ce soir, au nom du gouvernement neuchâtelois, est à la fois un message visant à vous prévenir que des réformes rapides doivent être entreprises au plan cantonal mais c'est aussi un message d'espoir que ces réformes sont possibles et que le gouvernement que vous avez élu entend les entreprendre. Nous deviendrons des capitaines au long court capables de naviguer sur des gros flots et je peux vous le garantir, ce sera avec plaisir que nous retrousserons les manches afin d'entreprendre ces travaux.Permettez-moi, en guise de conclusion, de vous souhaiter plein succès dans la poursuite de vos activités.Je vous remercie de votre attention.

 

Allocution du premier août 2009

prononcée les 31 juillet et 1er août à Cortaillod, Bevaix et Boudry

 Madame, Monsieur,

Vous êtes vous déjà demandé à quoi ressemblait la Suisse avant le pacte de 1291?

Alors faisons un petit retour en arrière, un peu comme dans le film de Robert Zemekis sorti en 1985 avec Michael J. Fox (Back to the Future).

A quelle population avions-nous à faire? A des simples paysans sans ouverture sur le monde ou à l’inverse à de nobles patriciens?

Le col du Gothard était ouvert depuis 1220 et la population qui vivait dans cette région peut être décrite, selon les historiens comme étant «d’une honnête aisance, ouverte au monde extérieur et surtout jalouse de ses libertés».

Le trafic des voyageurs avait augmenté le niveau de vie des habitants des vallées. Il avait créé des places de travail dans le secteur de l’hébergement et dans celui de l’entretien de la route du col et des ponts. La population locale avait aussi développé l’élevage des chevaux. Le mulet n’est venu que plus tard.

Corollaire du trafic de voyageurs, les échanges culturels se sont intensifiés. Il est devenu possible de comparer la vie au pied du Gothard à celle des villes d’Europe. Il y a donc eu une ouverture à la modernité et à la culture. Milan, capitale de la Lombardie, ville affranchie et fière de ses prérogatives servait d’exemple.

Cette description peut vous sembler un peu idyllique. Et vous ne devriez pas tarder à me poser la question de l’utilité du pacte de 1291.

En effet à quoi sert-il de s’unir si le commerce est florissant et si la société que je viens de vous décrire semble ouverte au monde?

Un des premiers éléments de réponse se trouve peut-être à Milan: la liberté!

Nos montagnards, toujours selon nos historiens, se seraient inspirés de la liberté des villes affranchies et délivrées des contraintes de la féodalité telle que Milan. Ils devaient vraisemblablement penser que les hommes libres ne traitent pas avec les vassaux, avec les fonctionnaires avec les «ministériaux» et autres envoyés d’un quelconque seigneur. Ils voulaient traiter d’égal à égal; c’était en fait une question de principe, de rang, de statut.

Mais qui étaient donc ces seigneurs qui semblait causer quelques soucis à nos ancêtres?

Après la mort de Frédéric II en 1250, seigneur puissant qui avait contrôlé l’empire romain-germanique et donc les cols du Gothard et du Lukmanier  (Disentis – Biasca), une crise dite du Grand Interrègne se déclare. Ce n’est qu’en 1273 que Germain Rodolphe 1er de Habsbourg est élu roi de Germanie. Ce roi mourra en 1291 peu de temps après avoir acheté la ville de Lucerne.

C’est donc à la mort de Rodolphe 1er de Habsbourg, au début du mois d’août 1291 que les notables d’Uri, de Schwyz et de Nidwald se concertent en urgence et décident de renouveler leur ancienne confédération.

Laissez-moi mettre en lumière certains éléments de cette charte de 1291:

  • elle est écrite en langue latine, ce qui est normal pour l’époque,
  • elle débute bien sûr par un préambule religieux très court «Au nom du Seigneur»,
  • elle est lacunaire, en ce sens qu’elle n’indique ni le lieu, ni la date exacte (début août), ni les personnes qui ont participé à sa signature,
  • elle comporte des fautes d’orthographe, des mots manquent,

en bref elle donne un peu le sentiment d’avoir été rédigée à la va-vite, ce qui n’enlève rien à sa valeur, au contraire. Poursuivons notre examen: 

  • elle est une sorte de patchwork de dispositions de tout genre,
  • on y trouve du droit public, du droit privé et même du droit pénal,
  • elle est un pacte défense contre l’extérieur,
  • elle comporte des règles d’entraide judiciaire lors d’assassinat et d’incendie intentionnel, ce qui est révolutionnaire à l’époque,
  • elle prône le refus des juges étrangers,
  • elle met en place des procédures d’arbitrage en cas de conflits internes,
  • enfin ce pacte est perpétuel, il est renouvelable et révisable en tout temps.

Il est incontournable, mais de manière surprenante, il disparaît peu de temps après sa mise en vigueur pour réapparaître en 1758 à Schwyz.

Revenons maintenant en 2009 et de manière un peu provocatrice posons-nous la question de l’utilité du pacte de 1291.

A quoi sert-il aujourd’hui?

Nous n’avons plus d’ennemis, plus de seigneurs de la famille de Habsbourg qui nous dictent notre conduite, nous avons l’accès à la culture, à la justice, nous sommes indépendants.

Nous avons, en plus du col du Gothard, un tunnel ferroviaire et un tunnel routier, même si ce dernier est un peu saturé durant la période estivale.

Alors à quoi bon?

Et bien justement!

Nos ancêtres avaient tout ou presque, il ne leur manquait que la liberté. Ils ont profité de la mort du seigneur de Habsbourg pour s’unir.

Nous avons aussi tout ou presque.

Nous sommes fiers d’être suisses lorsque:

  • Didier Cuche nous fait vibrer lors d’un super G ou d’une descente,
  • Roger Federer gagne à Wimbledon ou à Roland Garros et redevient n° 1 du tennis,
  • Alinghi navigue sur le Léman avant de défendre son titre à Dubaï ou ailleurs,
  • Fabien Cancellara porte durant six ou sept jours le maillot jaune du Tour de France,
  • etc.

Nous vivons dans une société confortable, sécurisée. L’information instantanée nous permet de vivre à la minute le moindre des développements de l’enquête sur la mort de Michael Jackson.

Nous avons la santé et l’accès facile aux hôpitaux. Nous avons accès au monde entier.

Cependant notre société est fragile et la grippe H1N1 menace.

Que les banques toussent à cause de quelques gourous de la finance mal inspirés et ce sont des pans entiers de l’économie qui s’enrhument.

Nous consommons beaucoup d’énergie et envoyons aussi des tonnes de cochonneries dans les eaux et dans l’espace.

Notre climat se dégrade, notre planète se réchauffe.

Nous avons l’eau la plus pure, mais 1.6 milliard d’être humains n’ont pas accès à l’eau potable.

Nous n’avons pas (trop?) de pauvres, mais payons chaque année près de 70 millions de francs pour l’aide sociale.

Nos ancêtres au nom de leur idéal de liberté ont conclu une alliance profitant de la faiblesse du régime des Habsbourg. A ce jour, il n’y a pas de décès en vue d’un quelconque seigneur féodal.

Par contre, nous vivons dans une époque ou d’immenses défis nous attendent. Ce sont des défis commerciaux, écologique, énergétique, de santé publique (H1N1).

J’aime bien rappeler temps en temps cette citation d’Antoine de Saint-Exupéry : "Nous n'héritons pas de la terre de nos parents, mais nous empruntons celle de nos enfants".

Les citoyens du Gothard voulaient garantir la liberté pour leur enfants.

Ils nous appartient de faire de même et de garantir des conditions de vie au moins aussi bonnes que celles que nous avons aujourd’hui pour nos descendants.

Cela signifie qu’ils nous faudra avoir au moins autant de courage que nos ancêtres pour oser défier l’ennemi. A la seule différence que notre adversaire aujourd’hui est beaucoup plus difficile à identifier, il s’appelle peut-être pollution, manque d’énergie, réchauffement climatique, gaspillage, pauvreté larvée, chômage ou je ne sais encore mais cela ne change rien au fait que nous devrons le terrasser. Ce ne sera peut-être pas avec une hallebarde ou un Morgenstern mais avec les armes d’aujourd’hui.

Ce qui prend le plus de temps est ce que l’on ne fait pas.

Nous vivons une crise sans précédent. Les eaux sont agitées. Qu’on le veuille ou non, il nous faudra être un peu des héros pour nous en sortir. Alors retroussons les manches, mettons nous au travail, concluons un nouveau pacte de société au moins aussi novateur que celui de 1291 pour offrir à nos enfants une terre de paix, de liberté, d’égalité de chances, de justice et de durabilité afin qu’ils puissent eux aussi l’offrir à leur descendants.

Que vive la Suisse, notre pays, que vive notre canton de Neuchâtel et que vive les citoyennes et les citoyens de cette région!

 

Voici la lettre de lecteur non publiée et non publiable car la rédaction de l'Express/Impartial ne souhaite pas servir de tribune libre pour les candidats à une élection.

Enquête du Conseil d’Etat : « Deux tiers des Neuchâtelois sondés ne savent pas ce que c’est le RUN ».

A la lecture de l’article de l’Express/Impartial du mardi 16 décembre, j’avoue avoir été dans un premier temps amusé de la farce qui a été faite au Conseil d’Etat qui s’est fait piéger par l’équipe « Au bon sondage ».

Passé ce moment d’amusement, je me suis mis à la place de nos autorités. C’est assez facile en ma qualité de candidat au Conseil d’Etat, et je me suis imaginé devant répondre aux questions des journalistes sur le bien fondé de ce sondage. 

Eh bien je m’incline, et je dois avouer que notre Conseil d’Etat est brillant : avec un sondage ayant un taux d’erreur avoisinant les 33%, il arrive encore à convoquer une conférence de presse et, de manière fort savante, expliquer l’impossible.

Lorsque vous regardez la météo qui suit le journal télévisé, vous aurez peut-être remarqué que, plus la prévision est lointaine, plus faible est la fiabilité de celle-ci. On pourrait s’en inspirer au Château.

A supposer que je sois élu au Conseil d’Etat, je pourrais m’engager à inviter, lors des conférences de presse, un spécialiste qui pourrait nuancer les propos tenus en fonction de fiabilité de ceux-ci : par exemple 33% de faux sondés pourrait signifier que l’on doit lire le sondage avec beaucoup de prudence et ne pas prendre celui-ci pour de l’argent comptant. Je vous rappelle que les taux d’erreurs usuels sont de 2 à 3%.

Allons Madame et Messieurs les membres de notre Gouvernement, restons sérieux trois minutes, et la prochaine fois renoncez à la Conférence de presse, surtout si le sujet est aussi sérieux que le RUN. 

Mes respects quand même aux membres de notre gouvernement.

Claude Nicati, Bevaix, candidat au Conseil d’Etat PLRN

Commentaire supplémentaire : deux jours plus tard la presse neuchâteloise se faisait l'écho que le Conseil fédéral mettait le TRANSRUN dans la liste des deuxièmes priorités et qu'ainsi son financement fédéral pourrait être envisagé dès 2015. C'est demain, même si certains élus regrettent ce retard.

Il s'agit d'utiliser le temps supplémentaire à disposition pour ficeler le projet et ne pas perdre du temps ensuite.

Je ne regrette aucune de mes lignes. Le TRANSRUN est trop sérieux pour que l'on effectue une conférence de presse basée sur du vent.